Tout sur les symposiums

Sous la coordination de : Jeanne-Marie Rugira, Diane Léger, Vincent Cousin, Jean-Philippe Gauthier et Marie-Emmanuelle Laquerre

TARIFS À PARTIR DU 2 SEPTEMBRE :
200 $ – Salarié
170 $ – Retraité
120 $ – Étudiants
120 $ – Ressource communautaire
Inscription et paiement en ligne – CLIQUEZ ICI 

*** Si le paiement en ligne n’est pas possible, vous pourrez payer par chèque ou argent comptant sur place lors de votre arrivée à l’événement.

Le comité organisateur du symposium a négocié une entente avec l’Auberge de la Pointe afin que les participant-e-s au symposium puissent bénéficier des forfaits suivants.

Chaque participant-e devra effectuer lui-même ses réservations auprès de la réception de l’Auberge avant le PREMIER SEPTEMBRE 2017 – CLIQUEZ ICI

Argumentaire

Transmission intergénérationnelle et médiation interculturelle dans nos histoires de vie

 

Mise en contexte

Depuis son émergence, il y a de cela presque quatre décennies, le courant des histoires de vie en formation (Pineau, 1983; Dominicé, 1990; Josso, 1991; De Villers, 1991) n’a cessé de se déployer, de se renouveler mais surtout d’ensemencer de façon significative les cultures formatives, professionnelles et de production de sens et de connaissances. Dans le même mouvement, une Association Internationale des Histoires de Vie en Formation (ASIHVIF) a été fondée au début des années 1990 en Europe, et elle a inspiré la création de bien d’autres réseaux régionaux et nationaux.

Au Québec, c’est sous l’impulsion de feu Jean-Marc Pilon, alors professeur à l’UQAR, et de Danielle Desmarais, professeure à l’UQAM, qu’un Réseau Québécois pour la Pratique des Histoires de Vie (RQPHV) a été créé en 1994. Ce réseau a également été nourri par les travaux de Vincent de Gaulejac (1999) et par le réseau de sociologie clinique (Gaulejac, V. D., Hanique, F., Roche, P., & Lipiansky, E. M., 2008; Rhéaume & Mercier, 2007). Les membres de ces réseaux ne cessent de contribuer à l’avancement et à la diffusion des connaissances dans ce domaine et au renouvellement des pratiques en formation et en intervention psychosociale (Chaput, Giguère & Vidricaire,1995; Desmarais & Pilon,1996; Lapointe, Rhéaume & Bourdages,1998; Rugira, 2000).

Le RQPHV s’est donné comme mission de réunir les différents acteurs qui évoluent au sein des pratiques des histoires de vie en recherche, en formation, en intervention ou encore en création et de leur offrir des espaces d’échange réciproque des savoirs, de réflexion, de ressourcement et de diffusion de connaissances. Bien plus qu’une méthode de recherche en sciences de l’éducation ou en sciences humaines et sociales, le recours aux histoires de vie est envisagé ici dans une perspective transdisciplinaire et émancipatrice, dans la mesure où ce travail vise le renforcement des conditions d’émergence du sujet en formation et la consolidation de son pouvoir d’agir sur lui-même et sur son environnement.

Vers quel horizon pointe ce XXIIIème symposium ?

Le comité organisateur de cette 23ième édition du symposium du Réseau Québécois pour la Pratique des Histoires de Vie souhaite porter une attention spéciale aux aspects collectifs et à l’émergence de nouveaux défis, de nouvelles questions et de nouvelles formes de citoyenneté à cette étape de notre histoire. En effet, il faut le rappeler, fréquenter les pratiques d’histoires de vie, c’est s’inviter comme le disait si bien Cortanze (2009, p.104), «au concert des voix de l’humanité». Le travail biographique conjugue alors avec force nos histoires individuelles, familiales et locales avec la grande Histoire. Ainsi, s’avancer sur le territoire biographique implique de consentir à «cheminer vers soi» (Josso,1991) afin de se réapproprier le sens «des faits temporels personnels» (Pineau et Legrand, 2013). Mais, c’est aussi oser aller à la rencontre des symboles, des archétypes et des mythes organisateurs de notre imaginaire collectif en parcourant ensemble ces itinéraires compréhensifs.

Nous pouvons alors entrer sur des territoires encore inexplorés où germent des connaissances inédites susceptibles de nous informer et de nous guider dans des processus d’apprentissage transformateur (Mezirow, 2003), de renouvellement des pratiques (Vaillancourt, 1993) et d’innovation sociale (Cloutier, 2003). L’enjeu ici est vital et il nous exhorte à la suite de Pineau et Legrand (2013) à rester à l’affut de ce que peut signifier «cette entrée progressive de la vie dans l’histoire et de l’histoire dans la vie».

Ce symposium s’inscrit donc dans un mouvement contemporain qui questionne les enjeux éthiques, esthétiques et politiques qui se révèlent dans la narration des problématiques de la rencontre de l’autre et des enjeux du métissage, de l’interculturalité ou de l’acculturation. Nous cherchons ainsi à comprendre ce que peuvent nous apprendre la réflexion collective sur nos parcours à propos des gestes justes de renouage de liens avec ces autres multiples qui peuplent nos histoires et nos espaces de vie.

o   Qu’avons nous appris concernant le tissage de liens avec nos lignées, la possibilité de se mettre à l’écoute des aînés ou des jeunes générations et de se mettre à l’écoute de l’étranger sous toutes ses formes, qu’elles soient culturelles, générationnelles, professionnelles ou encore disciplinaires ?

o   Que nous enseigne la lecture de nos vies, des livres ou du monde, à propos de la nécessite de la rencontre et du lien pour sauvegarder la vie en nous, entre-nous et autour de nous ?

o   En quoi et comment le retour sur nos expériences de vie nous reconnectent avec les dimensions collectives de notre histoire et dévoilent de nouveaux savoirs théoriques, pratiques, expérientiels et existentiels qui révèlent dans le même mouvement l’émergence de nouvelles formes de citoyenneté?

En effet, dans le contexte actuel dit de crise migratoire (Tandonnet, 2007), économique et écologique (Gadrey, 2008), la question du vivre ensemble devient de plus en plus préoccupante dans nos communautés, nos institutions et nos sociétés en mutation. Ainsi, marcher vers une écologie générationnelle, une éthique relationnelle et des pratiques formatives susceptibles de nous apprendre à habiter des « entre-deux», nous semble incontournable. Comme le dit si justement Jean Luc Nancy, «ce qui ne se tient pas à distance «d’entre» n’est rien d’autre qu’une immanence effondrée en soi et privée de sens » (1996, p.23).

Nous souhaitons donc produire des connaissances, des pratiques formatives et des pratiques de médiations pertinentes et cohérentes susceptibles de nous apprendre à habiter nos «entres». L’entre-deux, trois ou quatre langues, cultures, générations, paradigmes, disciplines, pratiques, peuples ou pays…  Voici l’exhortation que nous adresse notre prochain symposium pour nous aider à résister au mouvement contemporain du repli sur soi et nous appeler collectivement dans des mouvements d’ouverture à la vie, à l’autre et au monde.

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